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LA VIE et LA MORT


Disparu le 22 avril, Ihsane Jarfi a été retrouvé mort dans un champ.

Au moment de la mort:


A. Que ressent une personne exécutée ?


<iframe frameborder="0" width="600" height="338" src="http://www.rtl.be/videos/page/rtl-video-en-embed/640.aspx?VideoID=393874"></iframe><br/><a href="http://www.rtl.be/info/video/393874.aspx" target="_blank">Disparu le 22 avril, Ihsane Jarfi a &#233;t&#233; retrouv&#233; mort dans un champ.</a>


source et lien direct: Le Monde 

 

JohndalL'actualité est une litanie de mises à mort. La décapitation, par l'Etat islamique, d'un cinquième otage occidental, l'Américain Peter Kassig, accompagné dans son supplice et dans le trépas par 18 pilotes syriens ; la divulgation récente de macabres statistiques en Chine, où quelque 2 400 personnes ont été exécutées en 2013 ; les lapidations qui reviennent régulièrement dans les pays appliquant la charia ; les ratés des injections létales aux Etats-Unis ; etc. Il n'est pas question, ici, sur ce blog qui traite de sciences, d'évoquer les débats sur la peine de mort ni les motifs religieux, politiques, géostratégiques qui sous-tendent les exécutions menées par des groupes terroristes. Cependant, la science a tout de même un mot à dire, en répondant à la question suivante : que ressent une personne exécutée ? Les protocoles les plus modernes, censés procurer une mort digne ("humaine" disent certains...), empêchent-ils réellement une souffrance intense ?

 

D'aucuns qualifieront peut-être cette curiosité de morbide. Mais si j'ai bien appris une chose au cours de toutes ces années de vulgarisation scientifique, et notamment depuis que j'écris ma chronique hebdomadaire sur la science improbable, c'est qu'il n'y a pas vraiment de question stupide pour la science. Et l'interrogation que j'ai exposée plus haut a d'ailleurs reçu une réponse depuis plus de deux décennies, grâce au neurobiologiste Harold Hillman. L'étude que ce chercheur britannique a publiée dans la revue Perception en 1993 s'apparente véritablement à un petit traité de la mise à mort vue à travers le prisme de la physiologie, qui confronte chaque "mode opératoire" aux résultats des autopsies faites sur les personnes exécutées ou à ceux des expériences analogues réalisées sur des animaux ou bien à la littérature scientifique issue de la médecine urgentiste.

On ne sera pas surpris de constater que les procédés les plus archaïques sont aussi ceux qui font le plus souffrir les personnes exécutées. Ainsi, la lapidation entraîne-t-elle la mort la plus lente, d'autant qu'elle manifeste clairement une intention de torture. Harold Hillman cite dans son étude un article des lois pénales islamiques en vigueur en Iran en 1980, consacré à la taille des projectiles utilisés :  "Les pierres ne doivent pas être trop grosses, pour empêcher que la personne meure après avoir été atteinte par une ou deux d'entre elles." L'idée est donc que le supplice dure. La mort est obtenue par une hémorragie massive extra et intra-crânienne puisque, dans une lapidation en règle, le ou la condamné(e) est enterré(e) jusqu'au cou et que seule sa tête dépasse du sol.

Dans le cas, spectaculairement remis au goût du jour par l'Etat islamique, de la décapitation, Harold Hillman souligne que la peau, les muscles et les vertèbres du cou sont si résistants qu'il est difficile de parvenir à les couper en une seule fois. Même si l'on utilise une guillotine, la mort n'est pas immédiate. Des expériences menées sur des moutons ont montré que l'activité du cerveau s'interrompait 14 secondes après que les artères carotides avaient été tranchées. Il a aussi été calculé que le cerveau humain pouvait fonctionner pendant encore 7 secondes en cas d'interruption subite et totale de l'apport en oxygène. Les calculs ne disent en revanche pas ce qui s'y passe pendant ces 7 secondes...

Je ne vais pas entrer dans les détails de chaque modus operandi mais ce travail d'Harold Hillman a le mérite de mettre sur la table ce qu'est, essentiellement, une peine capitale : un moyen de stopper le fonctionnement du cerveau en coupant son approvisionnement en oxygène. Passer devant un peloton d'exécution (qui vise en général à la poitrine) détruira votre cœur ou les gros vaisseaux qui lui sont connectés ; la version chinoise (une balle dans la nuque) a pour but de détruire le bulbe rachidien où sont régulés la respiration et le rythme cardiaque ; la pendaison se terminera par une asphyxie, que l'on vous rompe les vertèbres cervicales ou pas ; la chaise électrique, mise au point à la fin du XIXe siècle pour trouver un mode d'exécution plus "humain" que la pendaison, n'a pas forcément fait beaucoup "mieux", car elle tue plus en portant le cerveau à très haute température et en y détruisant le centre de la respiration qu'en arrêtant le cœur.

Harold Hillman fait remarquer que, dans tous les cas qui précèdent, il existe un temps de latence incompressible entre le début de l'exécution et la mort proprement dite et que, à moins d'obtenir une perte de conscience immédiate, ce qui n'est pas garanti, la personne exécutée est toujours soumise à une immense souffrance même si cela ne se voit pas forcément de l'extérieur. "On pense généralement que la plupart des méthodes utilisées sont virtuellement indolores et conduisent à une mort rapide et digne, écrit-il dans le résumé de son étude. On présente ici des preuves montrant que, à la possible exception de l'injection létale par intraveineuse, ceci est presque certainement faux."

Si le chercheur britannique fait une exception pour l'injection létale, qui est désormais le mode d'exécution principal aux Etats-Unis, c'est parce qu'elle est censée anesthésier le condamné avant de le tuer. Toutefois, la mise en pratique de ce protocole laisse parfois à désirer, ce qui peut transformer l'exécution en séance de torture, comme l'a montré en avril le cas de Clayton Lockett dans l'Oklahoma : la sédation ayant été ratée, l'homme a agonisé pendant 43 minutes avant que son cœur ne s'arrête. En juillet, l'exécution, dans l'Arizona, de Joseph Wood a elle aussi tourné à l'horreur, le condamné ne succombant à l'injection qu'au bout de deux heures, après avoir grogné et haleté durant 90 minutes.

Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)

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B.L'étonnante activité du cerveau juste après la mort

Source et lien direct: Le Figaro.fr

 

Un médecin utilise un défibrillateur sur un patient victime d'un malaise cardiaque. Entre le moment où le cœur s'arrête et cesse d'apporter de l'oxygène au cerveau et le moment où le cerveau arrête à son tour de fonctionner, la mort cérébrale, il se passe approximativement une trentaine de secondes.

 

Des chercheurs ont identifié chez le rat une activité cérébrale très particulière quelques secondes après l'arrêt du cœur.Des chercheurs ont identifié chez le rat une activité cérébrale très particulière quelques secondes après l'arrêt du cœur.

Il arrive parfois que des personnes ayant réchappé à un arrêt cardiaque se souviennent de cet épisode où leur vie a failli s'arrêter comme d'un moment extraordinaire. Ils ont fait ce que l'on appelle une expérience de mort imminente (EMI). Ils seraient entre 10 % et 20 %, selon les enquêtes, à connaître ce type d'événement au cours d'un infarctus. Certaines personnes atteintes de pathologies comme le diabète à l'occasion d'un coma hypoglycémique, la maladie de Parkinson ou d'Alzheimer rapportent aussi des sensations qui s'apparentent à une EMI.

Les récits diffèrent mais on retrouve toujours les mêmes scénarios. Certains ont eu l'impression très forte qu'ils étaient morts, d'autres ont le souvenir d'avoir traversé un tunnel entièrement noir ou d'avoir aperçu une immense lumière. Quelques-uns rapportent avoir revu des proches déjà morts et alors que d'autres ont eu le sentiment d'avoir quitté leur corps et d'avoir pu l'observer comme s'ils l'avaient déjà quitté. Tous se souviennent d'avoir ressenti les choses de manière beaucoup plus vive et éclatante que dans la vie de tous les jours avec un sentiment de sérénité et de paix totales. Certains croyants y voient la preuve de l'immortalité de l'âme, les sceptiques en doutent mais n'ont pas d'explication.

Depuis quelques années, les témoignages d'expériences de mort imminente s'accumulent et les scientifiques ne peuvent plus les ignorer. Les recherches pour essayer de comprendre le phénomène lui-même à l'intérieur du cerveau ne font que commencer. Pour y parvenir, il faudra bien un jour installer des électrodes sur le cerveau de plusieurs mourants. On n'en est pas là.

En attendant, une expérience de laboratoire conduite sur des rats apporte un nouvel éclairage sur cette question. Elle montre en effet que durant les quelques secondes qui suivent l'arrêt cardiaque (la mort clinique), le cerveau connaît une activité, plus intense par certains aspects qu'à l'état de veille. Du coup, les auteurs de l'étude publiée cette semaine dans les PNAS se demandent si cette activité cérébrale post mortem pourrait être à l'origine des expériences de mort imminente.

Entre le moment où le cœur s'arrête et cesse d'apporter de l'oxygène au cerveau et le moment où le cerveau arrête de fonctionner (la mort cérébrale), il se passe approximativement une trentaine de secondes. Sans surprise, durant cette très courte période, l'équipe pilotée par Jimo Borjigin, de l'université du Michigan, a enregistré sur les encéphalogrammes de neuf rats en train de mourir un ralentissement de l'activité électrique du cerveau.

Mais en même temps, ils ont observé une augmentation des fréquences cérébrales bien particulières: les oscillations gamma associées à un haut degré de conscience qui ont été mesurées par exemple chez des nonnes en prière ou des moines bouddhistes en méditation. Les oscillations gamma sont aussi présentes dans des moments marqués par une acuité et une sensibilité visuelle accrues. Ils s'appuient sur cette coïncidence pour faire le parallèle avec les expériences de mort imminente

Les rats équipés d'électrodes sur différentes parties du cerveau avaient été anesthésiés avant d'être empoisonnés, leur activité cérébrale étant enregistrée avant l'anesthésie et leur sacrifice.

«L'étude est extrêmement intéressante et la méthode rigoureuse, indique Steven Laureys, de l'université de Liège, spécialiste reconnu du coma qui s'intéresse de près à l'EMI. Elle montre bien que l'activité cérébrale enregistrée juste après la mort n'est pas chaotique et qu'il y a une parfaite connectivité entre les différentes parties du cerveau.» Il admet volontiers qu'il est difficile de traduire ces observations animales chez l'humain, mais relève que les scientifiques reconnaissent désormais que, contrairement à ce que pensait Descartes, les animaux ont comme l'homme une forme de conscience.


Les expériences de mort imminente intéressent désormais les scientifiques


Les expériences de mort imminente (EMI) en cours ne sont plus boudées par la recherche. Deux exemples.

- L'équipe pilotée par Steven Laureys, de l'université de Liège, est en train de collecter le maximum de témoignages de personnes ayant connu une EMI. «Deux doctorants se consacrent entièrement à cette tâche. Les lecteurs du Figaro sont invités à entrer en contact directement avec eux par courriel», déclare Steven Laureys, à l'adresse coma@ulg.ac.be

- Une équipe conduite par Sam Parnia, un des grands spécialistes de l'EMI, a lancé en 2008 un programme visant à analyser les témoignages de patients afin de savoir s'ils ont eu une perception extracorporelle en rapport avec la réalité au cours de leur expérience de mort imminente. Vingt hôpitaux sont associés à ce programme baptisé «Awareness during rescucitation» (état de conscience pendant la réanimation). Les premiers résultats devraient être publiés au cours de l'automne.


A. La Vie Après la mort?    B. la vie avant la Mort?.

N.D.E Expérience de la Mort rapprochée.: témoignagess

 

 



Une Vie avant la Mort?